Blocages et blessures




Plus je travaille, plus je suis surprise de la diversité des mouvements de vie et de blocage. De votre côté, à vous qui venez me voir, et du mien, bien évidemment : car je suis également soumise à ces occasions de penser et de panser des blessures.


Coincés à un moment ou un autre sur notre trajectoire de vie: nous le sommes tous mais de façon plus ou moins intense. Occasionnellement ou avec une certaine récurrence, nous faisons face à des obstacles parfois soudains et insoupçonnés, parfois chroniques et réguliers. La vie nous surprend avec sa seule constante: le changement. Aucun état ne dure.


Et soyons clairs : c'est une donnée existentielle inéluctable que de vivre l'imperfection et son inconfort. Et il n'y a rien à "enlever" par quelque technique que ce soit : ce qui est est. Et nous avons toujours le choix entre le conflit (je me révolte de ce qui se passe) et l'acceptation (j'accueille ce qui m'arrive).


Quand les circonstances nous malmènent, comment savoir ce qui est de notre responsabilité et ce qui relève de l'environnement? Souvent taraudés par un Ego qui veut avoir raison, on se retrouve dans des états de rumination mentale qui donnent l'impression de nous dépasser. Comment faire face au désespoir quand ces états durent et se représentent?


Faire le clair dans ces moments, c'est d'abord descendre profondément dans les limbes de nos émotions. Se laisser voir, accompagné par une main tranquille, quelles attaches se relient encore à notre histoire, et quelles blessures s'activent dans le moment présent.


L'état émotionnel est un moment sensible: on oublie trop souvent que l'émotion s'imprime dans nos tissus, qu'elle a une vibration propre et qu'elle s'imprime physiquement à l'intérieur de nous. La colère et la peur entraînent une réponse cérébrale complexe qui ordonne un déclenchement hormonal connu et prouvé par les recherches neuroscientifiques. Receveurs d'un cocktail hormonal précis, le corps et le cerveau se mettent à fonctionner d'une manière bien différente qu'à l'état neutre. Il s'agit, dans ces moments de différer toute prise de décision rapide et tout acte impulsif et de rétablir un état plus apaisé. Revenir à soi, changer d'état vibratoire passe par un travail corporel obligatoire.




Il ne s'agit pas à tout prix de "calmer" l'état émotionnel. En Gestalt, le travail psychocorporel permet un décodage du message émotionnel. Accompagner le corps et en permettre l'expression verbale spontanée des contenus inconscients maintenus jusqu'alors peut faire émerger une clarté surprenante.


Mais celui qui se retrouve dans un état émotionnel fort quand il est seul a intérêt soit à demander de l'aide, soit à changer d'état vibratoire en se consacrant à un moment de dépense physique d'abord (avec l'intention précise de se "délester" des tensions installées) et un retour au calme ensuite.


On observe largement que toute personne sensible voire hypersensible, intelligente voir hyper-intelligente, a une nette tendance à verbaliser les conflits qui le préoccupent et à les mentaliser ensuite. Se remettre en question et douter de soi avant de mettre en cause l'environnement est une habitude classique qui contribue à intoxiquer le mental et attaquer la confiance en soi. La pensée foisonnante se met au service de l'auto-sabotage et entame l'image de soi. Ce travail cognitif d'auto-sappe alimente une version négative de soi et un découragement qui entament notre état général.


Et dans le cas d'une relation d'aide, qu'elle soit en place ou que vous soyez en recherche, il me semble important de rappeler que c'est la relation qui soigne, bien plus que l'outil ou le cadre théorique choisi. Je m'étonne toujours de relire les études qui paraissent sur ce sujet et de découvrir l'importance relative de la technicité. Essentielle, puisqu'il s'agit de s'inscrire dans un cadre de travail précis pour définir et réfléchir nos actes techniques et leur incidence, mais relative.


Prendre du recul par rapport aux situations qui se présentent, s'inscrire dans une relation authentique et stable dans le temps avec un professionnel sachant se situer dans son cadre éthique et théorique sont, à mon sens, les ingrédients de base d'un processus de thérapie solide. Bien sûr certains outils ponctuels peuvent venir nourrir le processus, mais à mon sens, le fil rouge d'une thérapie continue reste garant d'un contact stable avec soi au fil du temps et des évènements.


On ne peut faire ce métier sans une passion profonde pour l'humain et sans avoir déjà apporté suffisamment d'amour à notre être intérieur. Celui-là même qui s'expose, et se propose à l'accompagnement : humains nous sommes et c'est de cet endroit que je vous écris : celui du cœur.


"Le mental est la cause de toutes les maladies et le cœur est la source de toute guérison" Osho












La musique, pour passer d'un état vibratoire à un autre...


🎧 POUR BOUGER:




🎧 POUR RENTRER A LA MAISON



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