La crise



"Toutes les tempêtes ne viennent pas gâcher votre vie. Certaines viennent nettoyer votre chemin."

Aristote




J'adore ce mot! La CRISE...L'étymologie du mot "crise" est intéressante parce qu'elle nous renvoie au double sens du mot. D'abord, crisis, en latin médiéval, signifie manifestation violente, brutale d'une maladie. ... Mais si on remonte plus en amont dans l'étymologie, on retrouve le grec krisis qui signifie jugement, décision.


Globalement, on s'entend pour l'utiliser quand rien ne va plus: tout s'arrête de fonctionner, rien ne satisfait plus, tout est à remettre en question. De manière brutale et intense, on tombe dans un état critique. Furieux et/ou désemparé on fait un constat absolu: on est à bout.


Je rencontre et je connais cet état. Et je me rends compte, qu'humainement, je me sens bien fragile et en même temps reliée. Dans cet état je cherche à comprendre, à comparer, trouver des explications, rationaliser. Qu'écrire pour aider?


Qu'écrire pour partager? Il a tant de conseils avisés certes, mais qui sonnent creux dans un vide qui s'est auto-généré sans qu'on ait eu le temps de dire ouf. Et ouf, pourtant ça passe.


Il y a une chose qui fonctionne: se recentrer, observer puis se rencontrer. Alors oui, dans ce contexte, j'ai à partager ce que je fais. Concrètement. J'ai un outil: regarder le ciel et sentir le sol sous mes pieds.


Et me dire que oui, je peux concevoir ça comme "LA crise", l'unique et la seule, l'ultime et la pire de toutes ou bien la considérer comme "UNE crise" : sans doute "une" parmi tant d'autres. Se rappeler tous ces épisodes déjà traversés et imaginer ceux qui nous attendent encore et adopter un point de vue plus élevé.

Contempler le ciel et apercevoir un avion rempli d'inconnus en voyage. Imaginer un voyage... Un oiseau qui plane et sentir ses propres ailes. Un écureuil qui passe de branche en branche et retrouver l'envie. Observer les nuages et y trouver un visage, un élan, une allure. Des toits qui abritent nos voisins et imaginer les milliers de vies qui nous entourent et se déroulent sans que nous ayons aucune idée de ce qui s'y passe. Vivants, nous y sommes.

Les uns avec les autres.


Nous sommes tous reliés, nous sommes en vie, soutenus par la même terre, le même sol qui nous porte. Et si ce n'était qu'une crise. Et si nous étions simplement en vie?



Photo : Anick Bastin (sur les toits de Montpellier, voir un lévrier ailé)



Inspirations - Boris Cyrunik


"La vie est folle, n'est-ce pas ? C'est pour ça qu'elle est passionnante. Imaginez que nous soyons équilibrés dans une existence paisible, il n' y aurait ni événement, ni crise, ni trauma à surmonter, de la routine uniquement, rien à mettre en mémoire : nous ne serions même pas capables de découvrir qui nous sommes. Pas d'événements donc pas d'histoire, pas d'identité. Nous ne pourrions pas dire : " Voilà ce qui m'est arrivé, je sais qui je suis puisque je sais ce dont je suis capable face à l'adversité." Les êtres humains sont passionnants parce que leur existence est folle."

"Seul un changement de la représentation que nous avons de nous-mêmes et du monde - un changement de paradigme - peut nous faire revenir dans le sillon et retrouver le bon sens. C'est ce que nous enseignent toutes les sagesses et les spiritualités de l'humanité : [...] nous rappeler que le mot "humain" trouve sa racine dans le latin humus qui veut dire "terre" - cette terre où nous sommes nés, à laquelle nous appartenons et qui nous constitue. Cet humus qui est aussi la racine du mot "humilité". Il est temps de se rappeler que nous ne sommes vraiment humains que si nous sommes humbles."


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